UN HOMME. UN ART. UNE REFLEXION ....

Par SONG JIANMING
Professeur de l’Académie des Beaux-Arts de Chine
Vice-Président de l’Association Franco-Chinoise d’Échanges Artistiques

Au fur et à mesure que s'enrichissent ses activités artistiques, ses œuvres atteignent de, plus en plus la maturité, la sincérité, là densité, et son art est de plus en plus compris et reconnu. Il ne s'agit pas d'un hasard pour lui, qui a passé plus de vingt années de passion et de labeur dans le domaine d'art plastique.
Pendant les années écoulées, entre les deux grandes civilisations orientale et occidentale, il a inlassablement passé de l'une à l'autre, à la recherche de sa propre identité. C'est vrai qu'il a gardé longtemps le silence. Mais toujours il cherchait, il tâtonnait, dans son atelier, dans cet espace qui lui appartient, il se construisait, il accumulait, se préparait pour montrer un jour le renouveau de son art.

Il a étudié en profondeur l'histoire d'art occidental. Il a aussi cherché la source vitale dans sa culture maternelle. En tant qu' un artiste d'origine chinoise, il possède un riche héritage de la culture traditionnelle chinoise, et il porte également en lui le désir intarissable de créer, de même que les artistes de notre génération.

Il pense qu'il est nécessaire d'effectuer une profonde réflexion sur l'art contemporain et sur ses propres créations du passé. Il pense qu'il ne faut pas, comme certains, produire des "déchets culturels", sans aucun critère esthétique, simplement sur un coup de tête. Il pense qu'il faut bien connaître notre splendide décennie qui nous mène au nouveau siècle. On dirait qu'il en a pris conscience, il s'agit d'une prise de conscience individuelle, devant une période insaisissable, comme celle vécue par les grands maîtres d'autrefois. Il veut chercher des thèmes nouveaux pour cette période grandiose. Cela fait peut-être parti des habitudes d'un Oriental : il faut préparer des présents (cadeaux) importants pour les grands jours . C'est dans un tel état d'esprit qu'il s'est replongé dans ses travaux.

Sur le sol fertile de la culture occidentale, il reporte encore une fois ses pensées à la terre lointaine de sa propre culture, il remonte au long parcours de l'histoire de l'art chinois, et redécouvre les vérités du génie de la civilisation orientale qui a brillé à travers les âges. Plus qu'à tout autre moment, il a besoin de puiser dans cet immense océan une nouvelle vitalité, un nouveau thème. Dans cette source, il a sans doute ressaisi la signification profonde du concept mystérieux "la calligraphie et la peinture participent d'une même origine". A cet instant, il sent qu'il a trouvé la force motrice qui fera jaillir en lui une toute nouvelle conception.

Le concept "la calligraphie et la peinture participent d'une même origine", c'est la rencontre entre un thème antique et une inspiration de la nouvelle génération, qui fait naître une nouvelle passion créative. Une fois de plus il , s'est jeté corps et âme dans ses créations, il a consacré un travail énorme à l'étude des pensées anciennes et modernes...

Pour ses nouvelles créations, il utilise la plus vielle technique chinoise dite "estampage ", la technique de la peinture à l'encre chinoise, en y mélangeant la sculpture, la sigillographie, les autres techniques traditionnelles, ainsi que la technique occidentale de peinture à l'huile, les toiles et le cadrage, les moyens d'art plastique modernes tels que brûlure par feu, trempage par acide sulfurique collage, ,etc, et même des techniques qui n'ont pas encore de nom: "La règle est qu'il n'y a pas de règles figées", c'est
une des règles fondamentales de sa création artistique en Chine, mais aujourd'hui, il semble qu'il applique cette règle sous l'influence des, courants d'idée artistiques modernes. Il reconsidère cette règle traditionnelle au point de vue de l'art moderne. Pour lui, ce qui est le plus important dans la création, c'est la force d'émotion qu'elle exerce. Quant aux moyens ou techniques sculpturales, ils ne sont que des outils pour renforcer cette force d'émotion. Il faut être prudent dans le choix de ces techniques, mais cette prudence doit se faire sans contrainte. Il pense qu'un œuvre doit posséder une signification de haute qualité en même temps qu'il émeut par ses formes. Il sait clairement que, la "nouveauté" ne doit pas signifier une expression nihiliste envers le future, la "retour à la source" ne doit pas dire non plus simple copie ou assemblage de l'héritage historique. L'important, c'est d'effectuer une réflexion d'un nouveau point de vue philosophique.

Si nous examinions ses pensées artistiques avec un esprit critique, nous n'aurions pas de mal à trouver que, plutôt que de s'efforcer de créer de nouveaux concepts, il est en train de remonter à la source de la culture traditionnelle orientale à partir du sol occidental géographique. Dans ses œuvres, on voit qu'il y a une grande compréhension, une profonde connaissance de l'ancienne pensée chinoise de "Harmonie universelle (taichi)", du principe confucéen de "juste milieu", de l'esprit "Zen" du bouddhisme chinois, ainsi que de la "Transparence limpide" du taoïsme chinois. De ce fait, son idéal esthétique a une forte imprégnation orientale, basé sur le dualisme entre le YIN et le YANG. entre le plein et le vide, entre le mouvement et le stable, entre le multicolore et le monochrome , entre l'antiquité et le future , entre l'homme et la nature, entre l'Orient et l'Occident, entre le phénomène et le noumène .....

C'est ainsi que sont nées cette série d'œuvres devant nous. S’aqit-il de la peinture? de la calligraphie? de la sculpture? de l'installation? de la poésie?. de la musique? Sont-ils philosophiques ou lyriques? Il ne pense pas aux étiquettes mais préfère plutôt un mélange : "ils le sont tous, et ne le sont pas en même temps ". son atelier, comme une mère au terme de sa grossesse, comme fils, il attend ce chant de triomphe d'une vie nouvelle - le premier or du nouveau né - la naissance des nouvelles œuvres - ce qui nous est montré aujourd'hui.

Il est encore à la fleur de sa force. Son art va encore évoluer. Il va connaître d'autres passions créatives. Mais son principe ne changera pas. A notre époque trouble et matérialiste, il n'a qu'une idée en tête : garder sa "terre de pureté", qui ne sera jamais polluée, qui appartiendra toujours à lui et à tous ceux qui sont amoureux de la Beauté.

Pour un artiste ayant une profonde culture traditionnelle chinoise, la création artistique est une chose sérieuse. A côté de nombreux artistes modernes en vogue, il paraît avoir beaucoup plus de poids, il connaît sans doute beaucoup plus de souffrance. Il ne veut pas, par des procédés insensées, créer des effets publicitaires et laisser son nom comme un imposteur, Au contraire, il espère que son art pourra guider les gens à pénétrer en douceur dans son profond intérieur. Il souhaite partager avec eux ses nouvelles réflexions et créations.

Il espère dire à travers ses œuvres une vérité simple mais qui est aujourd'hui trop souvent oubliée : à n'importe quelle époque, on ne doit pas oublier l'histoire, on ne doit pas oublier la culture traditionnelle, sans pour cela perdre l'esprit novateur. Dans n'importe quel pays, la tâche qui incombe à un artiste sera toujours d'apporter à ce monde plus de Beauté.

Ainsi, il a pour devise une vielle légende:

Tant que ça reste sublime, profond, vrai, bon, beau, sans relâche, cultivé, naturel ... ce sera éternel!

Il va suivre cette voie, et on retiendra le nom de cet homme : WONG WA
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